Quand héroïsme rime avec crétinisme !

Ou quand l'Histoire de la ville de Bruxelles devient une superstition pour touristes enragés ...

Reprenons dans l'ordre : qui est ce Everard 't Serclaes ?


Nous sommes au XIVe et ce brave monsieur n'est pas n'importe qui.

Il s'agit d'un notable de la ville, cinq fois échevin de la ville et membre d'un lignage.


A la mort du duc de Brabant, Jean III, sa fille aînée, Jeanne, épouse de Wenceslas de Luxembourg monte sur le trône.

La chose est contestée comme de bien faire se peut, et Louis de Maele, comte de Flandre (sans "s") s'empare de Bruxelles et place - ô sacrilège suprême pour les bruxellois ! - son étandard sur la maison de l'Etoile, Grand-Place.

La chose est intolérable !

monument 't serclaes, Vincent Beckers, Grand-Place Bruxelles, visite guidée
La révolte des bruxellois

Nuitamment, le 24 octobre 1356, avec quelques amis fidèles, ce bon Everard franchit l'enceinte, atteint le Nedermeckt et met à bat l'étendard ennemi (et puis surtout, non peut-être, il boute le comte de Flandre hors de la ville.

Jeanne et Wenceslas peuvent faire leur joyeuse entrée en ville.

Merci Everard, notre héros !

Jeanne de Luxembourg, monument 't serclaes, Vincent Beckers, Grand-Place Bruxelles, visite guidée
La joyeuse entrée de Jeanne.

Un peu plus tard, les hommes du seigneur de Gaesbeeck, en représailles (?) capture 't Serclaes, le torturent et lui coupent la langue.

Exsangue, l'homme est transporté à la maison de l'Etoile, Grand-Place toujours, où il meurt en 1388.

Afin de le venger, les bruxellois s'en vont faire le siège du château de Gaesbeeck ... et là, c'est le fameux épisode des kickefretters ... raconté ici, avec l'accent bruxellois, une fois !


monument 't serclaes, Grand-Place Bruxelles, Vincent Beckers, visite guidée
Le siège de Gaesbeeck

Quand à la superstition qui veut que le bras de la statue de 't Serclaes porte chance, comme toute démarche superstitieuse, on se perd en conjecture pour en connaître l'origine.

D'aucun prétendent que c'est dans la foulée de la première guerre mondiale que naît la superstition qui veut que caresser le bras gauche de la statue procure une année bonheur. Tandis que sa main droite assurera de la chance durant l'année qui vient.

Le toute serait à attribuer à un maraîcher en mal de confiance. Dont acte.

A ce propos, demandez un peu au premier touriste que vous prendrez en flagrant délit de caresse-à-statue s'il sait ce qu'il fait. Vous serez surpris de sa réponse.


Mon naturel bruxellois s'amuse à lui préciser que si malencontreusement sa main venait à toucher le chien, la personne sera comme zinnekepis pour le restant de ses jours.

Je reçois alors un regard incrédule ... et suis sûr que le mot sera cherché sur Google dans les minutes suivantes. Alors, je ris. Sourire épanoui sur mon visage ravi.


Envie d'en savoir plus sur la grande et les petites histoire(s) de la Grand-Place de Bruxelles ?

C'est par ici !